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dimanche 1 février 2009

57 hausses en un mois!


Et dire qu'il y a quelques jours, je reprenais la manchette d'un texte d'Associated Press faisant grand état du fait qu'en ce début d'année les compagnies américaines annoncent des réductions de dividende au rythme le plus rapide des 50 dernières années...

Selon AP, sept compagnies de l'indice Standard & Poors 500, dont Bank of America et Pfizer, sont parmi celles qui ont fait savoir qu'elles verseront moins d'argent à leurs actionnaires en 2009. Ça paraît beaucoup et pourtant...

Pourtant, il m'a suffit de quelques heures de recherche sur l'internet pour dresser une liste -- incomplète, j'en suis certain -- de 57 sociétés nord-américaines qui ont augmenté leurs dividendes en janvier. J'admets que c'est probablement moins que la tendance habituelle, mais cinquante-sept, ça reste un nombre impressionnant dans le contexte économique actuel.

Un bon nombre de ces 57 sociétés sont des Limited Partnerships (LP), comme Holly Energy Partners ou Natural Resource Partners, mais il y aussi un bon nombre d'entités corporatives comme Allete ou Cintas.

Le secteur de l'énergie est bien représenté avec 25 compagnies. Mais j'ai aussi dénombré des banques comme Hudson City Bancorp, un fournisseur de pièces d'autos, Genuine Parts Company, et une chaîne de magasins à escompte, Family Dollar Stores.

Au moins six compagnies canadiennes font partie du groupe: Metro, Shaw Communications, ATCO, Canadian Utilities, Canadien National et Transalta.

Les hausses peuvent être symboliques. C'est le cas pour Wesco Financial, par exemple. La société de portefeuille dirigée par Charlie Munger, le partenaire d'affaire de Warren Buffett dans Berkshire Hathaway (BRK.a), ne versera que quatre cents de plus cette année, 1.58$ au total. Pour une action qui se transige à plus de 300$, il s'agit d'un rendement de moins de un demi de un pour cent. Sans vouloir manquer de respect à M. Munger, ce n'est pas une amélioration de 2.6% qui fera de sa compagnie un gros «dividend payer»...

Heureusement, il y a eu de belles surprises. Je retiens entre autres CMS Energy (+30.4%), Enterprise GP Holdings (14.6%), Fastenal (+29.6%), Heritage Financial Group (+14.2%) et TFS Financial Corporation avec un impressionnant 40% d'augmentation.

Bref, ces 57 compagnies nous rappellent, une fois de plus, qu'il n'y a pas que du noir autour de nous à la fin de la première décennie de ce millénaire. La vie continue et les entreprises sont là pour répondre aux besoins de tous et chacun. Certaines ne survivront pas au ralentissement économique, d'autres se tireront bien d'affaire. À nous de faire la part des choses et de cibler les meilleures.

Je surveillerai les annonces en février et en rendrai compte dans la colonne de gauche de mon blogue sous le titre Les dernières augmentations de dividende. Pour des fins d'archivage, voici donc la liste pour le mois de janvier; j'y indique le nom des compagnies qui ont fait des annonces, la hausse en dollar et le montant du dividende pour l'année:

EN JANVIER

- Allete Inc.: 0.04$ à 1.76$
-
Alliance Resource Partners: 0.06$ à 2.86$
- ATCO: 0.06$ à 1.00$
- Bemis Company Inc.: 0.02$ à 0.90$
- California Water Service Group: 0.01$ à 1.18$
- Canadian Utilities: 0.08$ à 1.41$
- Canadien National: 0.09$ à 1.01$
- Centerpoint Energy Inc.: 0.03$ à 0.76$
-
Cintas: 0.01$ à 0.47$
- CMS Energy: 0.14$ à 0.60$
- Comm Bancorp Inc.: 0.04$ à 1.12$
-
Consolidated Edison Holdings: 0.02$ à 2.36$
-
CVS Caremark Corp.: 0.029$ à 0.305$
- DCP Midstream Partners: 0.12$ à 2.40$
- DPL Inc.: 0.04$ à 1.14$
- Dunn & Bradstreet: 0.16$ à 1.36$
- El Paso Pipeline Partners: 0.08$ à 1.28$

- Energen Corp.: 0.02$ à 0.50$
-
Energy Transfer Equity: 0.12$ à 2.04$
- Enterprise Bancorp Inc.: 0.02$ à 0.38$
-
Enterprise GP Holdings: 0.24$ à 1.88$
- Enterprise Products: 0.12$ à 2.12$
- Family Dollar Stores: 0.04$ à 0.54$
- Fastenal Company: 0.16$ à 0.70$
- First Citizens Bancshares Inc.: 0.10$ à 1.20$
- Genuine Parts Company: 0.04$ à 1.60$
-
Healthcare Services Group: 0.04$ à 0.68$
- Heritage Financial Group: 0.04$ à 0.32$
- Holly Energy Partners: 0.04$ à 3.06$
- Hudson City Bancorp: 0.04$ à 0.56$
-
Inergy Holdings: 0.10$ à 2.70$
- Kinder Morgan Energy Partners: 0.12$ à 4.20$
- Linear Technology: 0.04$ à 0.88$
- Magellan Midstream Holdings: 0.02$ à 1.436$
- Magellan Midstream Partners: 0.03 à 2.84$
- McGraw-Hill Companies Inc.: 0.02$ à 0.90$
-
Metro: 0.05$ à 0.55$
- Monsanto
: 0.10$ à 1.06$
- National Instrument: 0.04$ à 0.48$
- Navios Maritime Partners: 0.06$ à 1.60$
- Norfolk Southern: 0.08$ à 1.36$
- North European Oil Royalty: 0.12$ à 4.24$
- Natural Resource Partners: 0.04$ à 2.14$
- Partnerre Ltd.: 0.04$ à 1.84$
- Pennichuck Corporation: 0.04$ à 0.70$
- Praxair: 0.10$ à 1.60$

- Rollins Inc.: 0.03$ à 0.28$
- Royal Dutch Shell: 0.08$ à 1.68$
- RPC Inc.: 0.04$ à 0.28$
- Shaw Communications: 0.04$ à 0.84$
- Sunoco Logistic Partners: 0.06$ à 3.96$
-
SJW Corp.: 0.015$ à 0.66$
- Telephone & Data Systems: 0.02$ à 0.43$
- TFS Financial Corporation: 0.08$ à 0.28$

- Transalta: 0.08$ à 1.16$
- Wesco Financial: 0.04$ à 1.58$
- Williams Pipeline Partners: 0.02$ à 1.28$

lundi 5 janvier 2009

Computer Modelling,un exemple convaincant


L'élue de mon premier «exposé» est une petite compagnie fondée en 1978, en
Alberta: Computer Modelling. Je dis «petite» parce que CMG (son symbole boursier sur le TSX) n'emploie guère plus d'une centaine d'employés et que son chiffre d'affaires annuel est bien en-dessous des 100 millions $. Sa capitalisation boursière d'à peine 127 millions $ (au cours de 7.25$ l'action) fait en sorte qu'elle échappe à l'écran-radar de la grande majorité des gestionnaires de portefeuille qui s'intéressent au marché canadien. C'est loin d'être un défaut et vous verrez pourquoi en poursuivant votre lecture.

Computer Modelling est un concepteur et fournisseur de logiciels et de services spécialisés qui cible l'industrie du pétrole et du gaz. Ses logiciels de «simulation de réservoir» permettent de visualiser en 3 et même 4D les nappes souterraines d'hydrocarbures, de façon à optimiser le processus d'extraction, autant au plan économique qu'environnemental. Plus de 340 compagnies pétrolières, firmes de consultants et instituts de recherche dans 45 pays utilisent les services de CMG qui, en plus de son siège social à Calgary, a des bureaux à Houston, Londres, Caracas et Dubai.

Sur son site web, CMG affirme être «maintenant le plus important fournisseur indépendant de solutions avancées de modélisation au monde». La compagnie entend maintenir sa position en continuant d'investir dans la recherche et le développement. En 2008, 6,4 M$ ont été investis en R&D, soit plus de 28% des revenus annuels (27,9 M$). C'est une augmentation importante par rapport aux 4,7 M$ investis l'année précédente (25% des revenus de 23,7 M$), qui s'explique du fait que CMG travaille présentement à la conception -- avec commercialisation prévue pour 2010 -- d'une nouvelle génération de logiciels plus performants, en association avec deux «majors», Shell et Petrobras. Un troisième partenaire, la CMG Reservoir Simulation Foundation, issu de l'Université de Calgary, est étroitement lié à la naissance de CMG et maintient toujours une participation dans la compagnie par le biais d'actions non-votantes.

Mais je vous vois venir: si CMG dépense autant d'argent pour la R&D, les profits risquent d'être minces. «Que les sceptiques soient confondus!» dirait un personnage célèbre... Outre ses dépenses de R&D, CMG requiert très peu de capital pour fonctionner. Pas de machinerie lourde à entretenir, pas d'immeubles à rénover, pas de dépenses en publicité et marketing, de sorte que sa marge bénéficiaire nette est historiquement très élevée (21 à 27% pour les cinq dernières années), de même que son retour sur l'avoir des actionnaires (39% en 2008, 41.5% en 2007, 28.4% en 2006). Et la cerise sur le sundae, son bilan est impeccable: 25.2 M$ (1.45$ par action) en liquidités sans endettement, en novembre 2008.

CMG, le «stock»

À ce stade-ci de la discussion, je vous imagine en train de penser: «Belle petite compagnie, mais qu'en est-il de sa performance boursière?» Et c'est là que ça devient réellement intéressant...

Introduite à la bourse de Toronto en 17 mars 1997 au prix de 1.75$ (en tenant compte du fractionnement 2:1 survenu fin juillet 2008), l'action a été malmenée en raison de la non-profitabilité de l'entreprise à ses débuts. En 2000, en raison de son statut de «penny stock», elle a même été retirée de la bourse de Toronto et transférée sur le TSX Venture Exchange. En octobre 2003, à la suite d'une série de quinze trimestres profitables consécutifs, le «purgatoire» a pris fin et l'action a réintégré le TSX.

Pas si mal après des débuts difficiles, mais à l'aube de 2004 les actionnaires qui avaient participé au PAPE (premier appel public à l'épargne) voyaient encore leur investissement se transiger dans le rouge (l'action valait 1.39$ à la clôture le 6 janvier cette année là). Vraiment pas de quoi pavoiser. Heureusement, c'est alors que les choses ont commencé à changer, avec l'annonce du premier dividende de l'histoire de la compagnie, le 10 février. Un dividende de 2 cents dont le versement trimestriel, confirmé quelques mois plus tard, conférait au titre un rendement qui n'a pas manqué d'attirer l'attention, si bien qu'il s'est mis à monter pour terminer l'année à un peu plus de 2$.

Et ce n'était que le début. Depuis cette première annonce, il y aura bientôt cinq ans, non seulement Computer Modelling n'a pas manqué un versement trimestriel, elle a fait encore mieux, en augmentant le dividende huit (8) fois et en récompensant la patience de ses actionnaires par quatre (4) substantiels dividendes extraordinaires. Voici la liste de ces «coups d'éclat»:

Hausses et dividendes extraordinaires

- Mai 2005: hausse de 25% à 2.5 cents + div. extra. de 10 cents.
- Mai 2006: hausse de 20% à 3 cents + div. extra. de 12 cents.
- Novembre 2006: hausse de 17% à 3.5 cents.
- Février 2007: hausse de 43% à 5 cents.
- Mai 2007: hausse de 50% à 7.5 cents + div. extra. de 9 cents.
- Février 2008: hausse de 33.3% à 10 cents.
- Mai 2008: div. de 10 cents + div. extra. de 12.5 cents.
- Août 2008: hausse de 20% à 12 cents.
- Novembre 2008: hausse de 17% à 14 cents.

Voilà pour les dividendes! Admettez que c'est assez impressionnant. En cinq ans, c'est pas moins de 1.465$ (un peu mieux que la valeur de l'action au début de 2004!) qui ont été retournés aux actionnaires par la compagnie. Sur les quatre derniers trimestres seulement, CMG a versé 52 cents. Pour une action se transigeant à 7.25$, cela donne un rendement de 7.1% (5.4% si l'on soustrait le dividende extraordinaire de 12.5 cents).

Et ceux qui favorisent les gains de capital ne sont pas en reste, le titre s'étant apprécié de plus de 400% pendant les mêmes cinq années. Vraiment surprenant quand on pense que le cours ratio-bénéfice est encore très raisonnable à 11.5 fois les bénéfices nets des quatre derniers trimestres. La direction pense probablement de même, car elle est très active à retirer des actions du marché présentement, en vertu d'un programme de rachat (son troisième du genre) qui doit s'achever le 20 février. C'est Peter Lynch, le légendaire gestionnaire du Fond Magellan, qui serait content, lui qui vantait les vertus des «buy backs» comme façon de retourner de l'argent aux actionnaires dans son fameux best-seller One Up on Wall Street.

Et l'avenir?

Bon. Je sais bien que j'ai pu paraître dithyrambique au sujet de CMG, mais admettez que la compagnie -- et l'action -- a bien fait. Il s'agit de savoir si cela va continuer, et ça, évidemment, c'est une autre paire de manches.

CMG répond favorablement à presque toutes les attentes que je peux avoir d'une compagnie. Je dis «presque» parce que je considère qu'elle est tout de même exposée aux aléas d'une industrie cyclique, celle des hydrocarbures, et qu'en conséquence il est difficile d'évaluer si elle pourra continuer à se montrer aussi généreuse dans le futur. Vous voyez où je veux en venir: à plus de 100$ US le baril de pétrole, il était facile pour ses clients de dépenser plus librement en haute technologie. Seront-ils aussi prodigues de leur argent au cours actuel de la ressource (environ 50 $US) ou même plus bas?

On peut aussi se poser d'autres questions. Sera-t-elle capable de maintenir son avantage concurrentiel? Pourra-t-elle protéger efficacement ses procédés et «secrets» industriels? Continuera-t-elle d'être gérée de façon aussi conservatrice? Sera-t-elle tentée de croître par acquisitions, avec les risques que cela peut comporter?

Je vous laisse trouver vos propres réponses. À vous de faire vos devoirs. Mon objectif était simplement de vous montrer, par cet exemple, le type de compagnie dont j'ai tracé le portrait dans mon premier article. Peut-être trouverez-vous des défauts à CMG, et si c'est le cas j'aimerais que vous les partagiez sur ce blogue. Ce que je souhaite, toutefois, c'est de vous avoir mis sur une piste au bout de laquelle vous trouverez, vous-mêmes, votre propre Computer Modelling. Et que vous ayez la discipline et la patience d'attendre que l'arbre regorge de fruits bien juteux!